le Mercredi 26 Mai 2021

Afrique économie - Afrique du Sud: l'impact de la crise sanitaire sur l'industrie vinicole [1/3]




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Du vin issu du domaine «Haut-Espoir», aux abords du Cap, en Afrique du Sud. © RFI/Claire Bargelès

L’Afrique du Sud est le huitième producteur mondial de vin. Le secteur emploie près de 300 000 personnes directement ou indirectement et tente de se réorganiser, alors qu’il est submergé par les invendus.

De notre envoyée spéciale au Cap,

Les vendanges se sont terminées dans la région viticole autour de la ville du Cap, et notamment sur le domaine « Haut-Espoir » de Rob Armstrong, qui compte une dizaine d’hectares plantés dans la vallée de Franschhoek. « Voici notre chai, où les vins mûrissent, ils restent parfois ici 3 ou 4 ans avant d’être mis en bouteille », indique Rob Armstrong.  

Les différentes interdictions de la vente d’alcool, mises en place pour limiter les accidents et soulager les hôpitaux lors des pics d’infections, ont laissé les viticulteurs avec de nombreux stocks d’invendus sur les bras. 

« Il serait imprudent de dépenser tout cet argent »

Si l’industrie a connu une légère hausse des volumes pour 2021, Rob Armstrong a lui fait le choix de produire un millésime de qualité pour le vignoble « Haut-Espoir », mais disponible en petite quantité. 

« Comme nous sommes un petit domaine familial, nous avons décidé cette année de ne pas tout vendanger. Nous n’avons pas récolté la totalité de notre raisin, nous nous sommes débarrassés d’environ 60 % de nos fruits. Et cela à cause du coût que cela représente ensuite, entre les bouteilles, les bouchons, l’emballage. Pour nous, il serait imprudent de dépenser tout cet argent, sans être sûr ensuite d’avoir un retour sur nos investissements », explique Rob Armstrong. 

« On est en train de se remettre de la crise, mais cela va prendre du temps »

Le domaine « Creation Wines », situé près d’Hermanus, a, lui aussi, dû faire face aux conséquences des restrictions. Sa propriétaire, Carolyn Martin, s’en sort en coupant les coûts, et en tentant de nouvelles expériences. 

« On a dû réduire nos frais généraux et faire très attention. Et on a aussi réalisé beaucoup de dégustations en ligne, grâce à nos kits, en Europe, à Sydney, et en Afrique du Sud lorsque c’était autorisé. Je pense qu’on est en train de se remettre de la crise, mais cela va prendre du temps. Nous sommes à flot, mais on ne sait pas vraiment à quoi va ressembler cette année », dit Carolyn Martin. 

L’incertitude pour les petits producteurs tournés vers la vente locale

Ceux qui s’en sont le mieux tirés, ce sont les vignobles qui misaient déjà sur les exportations à l’étranger avant la crise, comme l’explique Zia van Rooyen du Toit, chargée des exportations pour le domaine « Lanzerac ».

« Nos clients étrangers sont fidèles à notre marque, donc pour nous, cela a été assez facile d’intensifier nos exportations. Nous avons touché de nouveaux marchés, comme la Chine. Donc, notre volet exportation s’est bien développé durant cette période », dit Zia van Rooyen du Toit

Le pays a d’ailleurs profité de la récente guerre commerciale entre l’Australie et la Chine, pour placer ses vins. Mais pour les petits producteurs tournés vers les ventes locales, l’incertitude plane encore quant à leur future survie.



Source : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-%C3%A9conom...